À deux semaines du départ...
Comment je me sens? Je m’le demande. Excité je crois… Excité de savoir que je serais effrayé. Excité de savoir que je serai seule au monde. Que tout reposera sur mes propres épaules. Que je devrais composer avec ce que j’ai acquis, avec ce que je sais, avec moi-même. Que je devrais me débrouiller du mieux que je peux, que j’aurais à peut-être à endurer des situations pour pouvoir faire ma place, chose qu’à Montréal on ne fait pas. Tout est trop facile. Ça ne fait pas à droite? On va à gauche. C’est tout. Notre monde est tout bien installé autour de nous pour nous aider à prendre des décisions éclairé, pour nous soutenir…
En fait, ce qui me fait réellement peur, c’est qu’il me manque trop... Lui! Lui qui est entré dans ma vie discrètement, comme on entre tard le soir sur la pointe des pieds. Lui qui a pris doucement et confortablement sa place, au chaud, tout au creux de mon cœur, ce petit cœur qui n’avait plus idée de ce qui pourrait le faire à nouveau vibrer. Lui qui s’ouvre à moi un peu plus chaque jour et qui me fait sourire de bonheur chaque fois un peu plus. Lui! Lui me manquera. Chaque soir au coucher du soleil, il me manquera. Chaque matin, au premier battement de cil, il ne sera pas là. Ce sera 6 semaines que je ne pourrais pas partager avec lui directement, mais ce sera une attente récompensé avec son arrivé au mois de Mars. Comme il m’a déjà dit : Ce sera le même soleil et la même lune qui nous éclairera! Alors je tâcherais de vivre mon expérience à fond sans m’arrêter au manque que ça me laissera. 6 semaines, c’est vite passé tout de même dans ce paysage paradisiaque. Espérons que 6 semaines dans le froid de l’hiver le sera tout autant!

